Lundi 3 septembre 2007

Mirage, ça s’est passé sans que je m’en aperçoive

Mirage, je n’ai trouvé qu’une prière vaine

Mirage, parce-qu’ils ne sont pas partis

Mirage, vers la tristesse d’un autre lieu.

 

 

J’ai fini par me contenter de cette histoire

Que racontent tous ceux qui ne savent rien

Il y a là-bas au loin une autre porte

Approchez-vous sans bruit, plus près

Peut-être que vous aurez une chance

D’y trouver ce que vous cherchez sans cesse

Depuis votre naissance et bien plus encore

par couriz publié dans : Mes écrits
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Mercredi 29 août 2007

Dix huit cent trente trois litres d’eau

C’était ce que buvait un géant chaque jour

Il avait peur de s’envoler, il préférait se noyer

Dès que la pluie tombait

Il ouvrait grand la bouche

Et l’on pouvait y apercevoir

Les traces du passé

Qu’il avait comprimées

Dans sa gorge enflammée

Toute une vie s’exprimait

Des chemins parcourus

Le regard vif les mains tendues

Il ignorait qu’à tant déménager

Il finissait par se perdre pour de bon

Dix huit cent trente trois litres d’eau

Et le sable s’accrochait

A ses pieds qui dansaient

Une fois de plus pour éviter

Les regrets, les souvenirs

Du temps où il n’était pas seul

A demander pardon

Les marées hautes avaient fini

Par l’engloutir de l’intérieur

Il avait trop cherché

A rejoindre ses parents

Qui s’étaient contentés

De partir sans le prévenir

Qu’il n’y changerait rien à boire

Dix huit cent trente trois litres d’eau

par couriz publié dans : Mes écrits
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Jeudi 23 août 2007

Il était une fois un petit garçon qui n’aimait pas les éléphants.

Mais pourquoi tu n’aimes pas les éléphants ? demandait souvent sa petite sœur.

Parce-que les éléphants c’est trop grand ils ne peuvent pas passer dans les trous de souris.

Ah bon mais pourquoi ils iraient dans les trous de souris, hein ?

Eh ben pour aller chercher les cadeaux des petits enfants qui vivent en Afrique, parce-qu’en Afrique, les petites souris, elles sont trop petites pour parcourir le désert, alors il faut de grands éléphants pour aller très loin dans le désert là ou les petites souris elles auraient tellement chaud qu’elles seraient épuisées et alors elles ne pourraient plus apporter les cadeaux aux petits enfants.

par couriz publié dans : Mes écrits
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Mercredi 22 août 2007

                                                    I

Lumière se lève progressivement. Elle est assise en tailleur face au public, à côté de Lui. Elle regardera tantôt Lui, tantôt droit devant elle.

 

Alors comme ça 1987. Eh ben c’est pas gagné.

J’ai jamais vraiment compris ce qui se passait entre nous. Il y a des fois où je me dis que tu es resté un enfant.

Le silence qui vient de se faire est assourdissant. On entend juste le cri des moineaux.

C’est marrant tu vas dire. Ouais, si on veut.

Juste à côté de ton lit un petit hérisson te regarde. Il est même plutôt mignon. Seulement voilà, je ne sais pas pourquoi mais il se moque de toi. Tu vas pas pleurer, dis ? C’est pas ton genre ?

En fait, tu ne reconnais jamais tes erreurs. Tu dévoiles tous les secrets de ton existence sans jamais écouter la musique de tes mots. Un peu comme si on t’avait bouché les oreilles. Ecoute-toi un peu ! Ca ne peut te faire que du bien !

C’est ça, rougis une fois et tout se passera bien.

Dis-moi, tu ne t’es jamais posé La question ? La question de Monde ? Non ? Dommage.

Tu devrais. Après, on a l’impression que tout est différent, que tout est accessible, que rien ne nous résistera longtemps.

 

                                                            II

 

Elle s’est rapprochée du public, très proche du premier rang. Elle tourne la tête au passage des voitures. Elle se retournera parfois pour regarder Lui.

 

Régulièrement irrégulier. C’est drôle. Bruyant, mais drôle. Un peu méprisant aussi. Etonné. Complice. Détaché. (Elle tourne la tête vers Lui. Enthousiaste.) Ca t’arrive pas des fois d’accueillir des sentiments contradictoires ? Et tu imagines que ça aura du sens un jour. Peut-être. (Taquine) Ne t’avise surtout pas de m’attendre, je ne viendrai pas.

Rares sont les feuilles qui se déplacent aussi vite que celle-là. Regarde comme elle danse avec Vent (Elle suit le mouvement de la feuille avec sa main). Magnifique. Bizarre.

Bientôt, je me réveillerai, Lune s’éteindra et j’aurai cessé d’exister.

Comme toi. Mais en attendant tu me nargues de ta tombe, tu voudrais bien que je te rejoigne, hein ? Eh ben tu attendras encore un peu. Ca fait quatorze ans que tu attends, alors tu n’es pas à quelques jours près. Pas vrai ?

 

Elle sort en faisant une galipette.

par couriz publié dans : Mes écrits
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Lundi 20 août 2007

« Maintenant, je sais que tu es là.

 

Je sais que tu ne m’as pas oublié.

 

J’ai sur ma joue la chaleur de tes doigts,

 

Et sur mes lèvres le souffle de ton baiser.

 

Je ne dirai rien à personne,

 

Je ne trahirai pas notre secret.

 

Mais si j’ai du mal à être un homme,

 

La nuit dans l’oreiller, je t’appellerai. »

par Camille Rouzic
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Dimanche 19 août 2007
Après "Pré en bulles",  le deuxième spectacle que je vais monter s'appelle "Les uns compris et les autres non plus". Je l'ai écrit cet été pendant mon stage au festival de théâtre de Sarlat.
Il y a douze personnages, dont a fonction sociale constitue la plupart du temps le nom, et qui vous donne un aperçu de la pièce :
-six femmes : Madame Pipi, la femme de ménage poète, l'auteur de romans sans succès, la chef et Madame 2x2
-six hommes : le balayeur, l'éboueur, le portier, le croque-mort, le boucher-artiste fou et le technicien-lumières aveugle

En principe, je devrais jouer et mettre en scène le spectacle avec trois des acteurs de "Pré en bulles".
par Camille Rouzic
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Dimanche 19 août 2007

Nous les rêveurs nous nous contentons de peu de chose. Nous sommes heureux lorsque vous passez une bonne soirée, heureux lorsque votre vie a reçu un petit sourire, une petite larme. Nous sommes des voyageurs qui partagent leurs rêves et leurs rencontres. Le monde est en face de nous et nous lui offrons sa propre beauté. La notre aussi, plus cachée, plus secrète, plus étrange. Il existe encore des mystères non résolus. Nous en connaissons quelque-uns. Leurs forces viennent s’affronter dans nos corps, dans nos voix, et se livrent à un spectacle que nous partageons avec qui le veut.

Et ce spectacle, c’est ça le théâtre.


Extrait de "Pré en bulles".
par Camille Rouzic publié dans : Mes écrits
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Dimanche 19 août 2007

"Pourquoi le théâtre ?

Pourquoi se rassembler dans une salle et payer pour regarder et écouter d’autres gens ?
Pourquoi m’écoutez-vous maintenant ? Peut-être que vous ne le savez pas. Posez-vous simplement la question.
Pourquoi n’êtes vous pas au cinéma ou devant votre télévision ?
Pourquoi êtes-vous assis à côté de gens que vous ne connaissez pas mais avec qui vous venez partager quelque chose ?
Pourquoi le théâtre vous donne-t-il la confiance suffisante en vous et en les autres pour vous asseoir ici ensemble sans crainte ?
Qui suis-je pour que vous m’écoutiez parler de vous et de moi comme ça ?
Je voudrais que dans les campagnes et dans les villes on aille au théâtre comme on partirait en voyage.
Je ne veux pas, surtout pas devenir une étoile. Je ne suis qu’un jeune homme qui voudrait porter dans ses bras un petit bout de théâtre.
J’espère simplement que mon nom sera retenu et que quand je serai mort, on rajoutera un petit post-scriptum aux livres d’histoire du théâtre.

Je demande à la fois beaucoup et très peu.

Mais le théâtre, c’est ma vie.
"


Extrait de "Pré en bulles".

par Camille Rouzic publié dans : Mes écrits
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Dimanche 19 août 2007


Je filme je retransmets elle est filmée elle regarde une autre caméra elle se regarde dans l’écran elle regarde le public lui la regarde ça c’est normal moi je la regarde aussi c’est clair c’est un peu obligé pour travailler correctement hop un petit bouton par-ci un petit bouton par-là et tous ensemble attention lumière son feu dans le public ouh ils ont peur certains ça se voit rien qu’à les voir se regarder sur l’écran c’est pas commode pour eux de se sentir menacés d’une arme 

 

Vous faites vos courses et vous aimez ça

Non moi je n’aime pas ça

Mais j’aime sa façon d’en parler

Et les trois hommes un peu mystérieux toujours sur scène

Personne à part eux quatre à faire le spectacle

Tout devant nous rien de caché apparemment

 

 

Paradiscount

 

Vous faites vos courses et vous aimez ça.

Une actrice, trois…techniciens ? manipulateurs ?

Qui manipule qui ?

Elle est là, en vrai. Elle joue. Elle parle.

Prise de parole…

 

 

Jusqu’où peut bien aller la manipulation ? Où en sont les limites ? Dès le début du spectacle, il paraît très clair que les personnages et les personnes qui font le spectacle veulent manipuler les spectateurs. Et ils y arrivent. Ils montrent les manipulations du quotidien dans notre société de consommation. Acheter, acheter pour se faire plaisir, acheter pour faire plaisir, acheter pour montrer qu’on peut acheter, acheter parce-que son voisin achète et qu’on ne veut pas passer pour un pauvre, emprunter pour pouvoir acheter, se ruiner pour acheter
–c’est préférable à ne rien acheter du tout, acheter ce qui est à la mode, acheter ce que les stars achètent, faire comme les autres, surtout ne pas trop se démarquer, rester dans le courant, être en sécurité, être protégé…

 

 

Paradiscount

 

C’est un spectacle, on sait d’avance que tout ce qui va se passer est dans le domaine de la fiction. Mais est-ce bien vrai ? Peut-on toujours se sentir protégés par la distance, par la fiction, par les prémices d’un quatrième mur qui s’effrite avec le temps ?

 

 

 

« N’oubliez pas nos agents de sécurité couvrent l’ensemble de la galerie dans les allées ou sur le parking ».

 

Mais sommes-nous pour autant protégés ? Le fait de mettre des détecteurs de métaux partout, des caméras, des agents de sécurité, nous protège certes un peu des autres. Nous allons faire nos courses et nous pensons « je ne vais pas me faire attaquer, on surveille, on nous surveille, on les surveille, rien ne peut m’arriver ». Peut-être, et encore…il y aura toujours quelqu’un pour dépasser les frontières, trouver le moyen de passer quand-même, malgré les barrières, malgré les caméras, malgré Big Brother.

 

 

Ca n’arrive qu’aux autres, et puis moi je n’ai rien à me reprocher, je ne suis pas riche, je ne suis pas pauvre, j’achète, oui j’achète et je vends aussi, j’achète et je consomme, j’achète et je jette, j’achète et je recycle, j’achète et j’en suis fier, j’achète et je le dirai au monde, que j’achète. Alors ils ne m’en voudront pas trop. Et puis si je me fais attaquer, je leur donne tout ce que j’ai sur moi, de toute façon je me ferai rembourser par mes assurances, leurs assurances, et puis il faut bien les aider ces pauvres petits marginaux-étrangers-sans ressource-RMIstes-SDF et je-ne-sais-quoi…

 

Je suis en sécurité.

 

 

 

 « Nous vous garantissons une bonne liaison. Une bonne liaison avec vous-mêmes. »

 

Sommes-nous protégés de nous-mêmes ? Là est la grande question. Le plus dangereux ne vient plus tellement des autres. Tout est fait pour que nous puissions vivre avec les autres sans trop de casse, sans trop d’amour non plus ça ne ferait plus marcher le commerce. Tout se porte sur nous, nos désirs, nos envies, nos regrets… Paradiscount montre bien jusqu’où cela peut nous mener, à tout porter sur notre personne en tant qu’objet consommateur voire consommable. Les fourmis et la fourmilière. Elles travaillent toute leur vie pour leur reine, sans s’arrêter, elles font tout pour que la reine se sentent bien, puisse pondre encore et encore plus d’œufs et agrandir encore et encore plus sa dynastie. Et lorsqu’une ouvrière ne peut plus travailler, elle meurt et on transporte son corps à la « poubelle » ou il sera recyclé avec tous les détritus produits par la fourmilière.

La différence entre les fourmis et nous c’est que nous sommes tous notre propre reine et notre propre ouvrière. La société de consommation décrite dans le spectacle vise cette situation : se plaire à soi-même avant tout. Faire comme les autres pour montrer qu’on n’est pas trop différent, mais surtout se montrer à soi-même qu’on peut vivre avec les autres et avec soi-même.

 

Qu’on s’aime un peu, qu’on ne se déteste pas, sinon autant se jeter à la poubelle, se suicider.


« Vous vous sentez bien. En permanence. Bien, en permanence. »

 

Lorsque je suis revenu en France après avoir passé six ans à Wallis et Futuna, j’ai atterri à Périgueux. Au lycée, j’observais les habitudes de vie de ces français que je ne connaissais pas, et l’une d’elles m’a frappé : leur façon de se saluer. Au lieu des éternels « bonjour » ou « salut », apparaissait un « ça va ? ». Je pensais au début que tous voulaient savoir comment les autres étaient, et donc la réponse était « ça va ». Oui, mais justement ça n’allait pas. Je me suis vite rendu compte que personne ne répondait « non ça ne va pas ». Toujours « ça va », ou « ouais, ça va », ou « ouais et toi ? » ou même, ce qui me surprenait le plus, certains répondaient en renvoyant la question : « ça va ? » et l’autre : « ça va ? ».

Pas satisfait de ce mode de communication, j’ai tenté de le comprendre. J’en suis arrivé à la conclusion que ce « ça va » matinal servait uniquement à se rassurer, à confirmer qu’on allait bien. La personne voit arriver une connaissance, elle lui demande si elle va bien. L’autre répond que oui. Et si l’autre va bien, je suis rassuré donc moi aussi je vais bien. Ainsi, chacun se fait confirmer dix fois, vingt fois, peut-être trente fois qu’il va bien, parce-que les trente autres auront répondu qu’ils vont bien, et moi je les aurai rassurés parce-que je leur aurai dit que je vais bien.

 

Voulant pousser mon analyse un peu plus loin, au lieu de répondre, je me contentais de dire « salut ! » ou de sourire. La réaction restait la même. Si « salut ! » n’était pas une réponse à la question « ça va ? », tant que je ne disais pas « non, ça ne va pas », tout allait bien pour l’autre. Physiquement, dans la façon de se comporter et de se déplacer, c’était aussi très clair : la personne arrivait en face de moi, souriait, me posait la fameuse question tout en continuant à marcher vers moi pour me serrer la main ou me faire la bise. Quand cette marque de « communication » était terminée, la personne continuait son chemin, inchangé, dans la même énergie, comme si elle ne s’était pas arrêtée.

 

Mais si jamais je répondais « non ça ne va pas » ?

 

Catastrophe. Les visages se décomposent, les corps si droits, si beaux, se contractent, le ciel leur tombe sur la tête. Sincèrement désolés pour nous, ils le sont encore plus pour eux. On ne veut jamais savoir pourquoi une personne va bien, on veut toujours savoir pourquoi une personne ne va pas bien. Mais moi je n’ai pas du tout envie de raconter ma vie à des gens que je ne connais pas. J’invente, je trouve n’importe quoi de crédible. Si la personne en face a déjà vécu ce que je dis vivre, elle va faire tout son possible pour me remonter le moral, car si elle l’a vécu elle se croit tout à fait capable de comprendre et de faire en sorte que mon mal soit moins mal qu’il ne l’était avant qu’on ne se rencontre. La personne repartira aussi bien qu’avant, voire mieux, parce-qu’elle aura réussi à remonter le moral de quelqu’un. Par contre, si elle ne parvient pas à rendre mon mal un peu moins mal, elle va à son tour se sentir mal, et sa journée sera gâchée.

Si je ne veux pas que d’autres se sentent mal à cause de moi, et si je ne veux pas raconter ma vie, je dis que tout va bien. Ils seront contents, et moi aussi je serai content, peut-être même que j’irai mieux grâce à eux. Point momentanément final dans la communication, qui se résume donc en deux phrases : « ça va ? » et « ouais et toi ? ».


Notre société, et plus encore celle de Paradiscount, va faire tout son possible pour que nous pensions aller bien. Elle va inventer les produits les plus beaux, les plus (in)utiles, les plus chers aussi (le prix est une marque de qualité…), elle va créer les conditions optimales pour que nous venions acheter ces produits, en toute sécurité. Et puis elle va aller encore plus loin, jusqu’à nous convaincre que tout va bien dans notre petite bulle qui va côtoyer celle des autres, certes, mais qui ne s’éclatera jamais, grâce à tous ceux qui sont chargés de la garder en vie, cette petite bulle.

Au Canada, lorsqu’il fait très froid, ce qui arrive [assez] souvent, les habitants des villes qui ont une voiture ne seront jamais attaqués par le grand méchant froid. Ils quittent leur maison ou leur appartement douillets, entrent dans leur garage ou leur parking chauffés sans jamais passer par dehors, se rendent sur leur lieu de travail en voiture, se garent dans les parkings chauffés, montent dans leur bureau chauffé, plus tard ils vont faire les courses toujours grâce à leur voiture, qu’ils garent dans le parking chauffé de l’hypermarché, et ils rentrent tranquillement chez eux. Il aura beau faire moins quinze degrés dehors, jamais ces gens n’auront dans leur journée fait un petit peu de buée en respirant.

 

Sauf si l’envie de faire un bonhomme de neige leur prenait, mais…non ce sont plutôt les enfants qui font des bonhommes de neige…

 

 

 

Le danger d’un spectacle comme Paradiscount, où les nouvelles technologies ont une place cruciale, est que l’humain, la chair, le vivant, soient mangés, écrasés par les machines, même si c’est justement de ça que parle le spectacle. Il y a une volonté de la part des artistes de nous perdre dans ces technologies, de se perdre peut-être aussi. Cette confusion a pu ressortir dans le présent texte où le sujet de parole n’est pas toujours clair, entre le spectacle lui-même, les personnages joués par l’actrice, les consommateurs décrits, moi-spectateur, moi-consommateur

Les trois « manipulateurs » sont sur scène avec des ordinateurs, des micros, des caméras partout, ils filment, ils mixent. Ils ont le pouvoir, ils déterminent les débuts, les fins, les pauses, la structure du spectacle. Ils mélangent, ils perturbent, ils perdent le spectateur. Mais malgré tout ça, malgré cette société de la consommation, du confort, de la sécurité, ou l’humain en tant qu’entité individuelle disparaît petit à petit au profit d’un collectif illusoire qui serait bénéfique, malgré la mondialisation, l’uniformisation, la conformité, une actrice est là, bien vivante. Elle existe. Elle a un corps, une voix, une pensée. Elle nous voit, elle nous parle, elle est traversée par des émotions.

C’est le message d’espoir de ce spectacle. Elle parvient à rendre l’ensemble plein de vie, par des regards qu’elle porte aux trois hommes et qu’ils lui rendent, par l’utilisation qu’elle fait de ces instruments, sa manière de les tenir, de parler dans le micro, de se regarder à travers les caméras, les écrans, de nous regarder, nous petits spectateurs.

par Camille Rouzic publié dans : Critiques de spectacles
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Dimanche 19 août 2007

Lundi 24 janvier 2005 à 20h30, Pin Galant






Charlie et Jake passent leur temps à ne rien faire. Mais une équipe de cinéma hollywoodienne vient perturber la vie tranquille du village de l'Irlande profonde qu'ils habitent. Les habitants sont engagés par la production pour faire de la figuration dans le film. Déboires du tournage, histoires d'amour, disputes, jalousies de figurants...le village d'habitude si calme est animé par la ferveur des hollywoodiens. Mais un jour, un jeune garçon remplit ses poches de cailloux, et s'enfonce dans la rivière...

La grande particularité de cette pièce est que deux acteurs jouent l'ensemble des personnages!
Ils passent de la vieille secrétaire à la superbe star du cinéma, aux irlandais qui ne sont jamais sortis de leur contrée perdue d'Irlande...Le travail des acteurs est formidable: ils adaptent leur corps, leur voix, leurs gestes avec une agilité impressionnante, et un seul accessoire (un chapeau par exemple) signifie instantanément le changement de personnage. C'est incroyable de voir deux hommes faire vivre tout un village! J'oubliais souvent que le personnage que je voyais était joué par le même acteur qu'un autre qui venais de quitter la scène...Le décor, ni trop réaliste ni symboliste, trouvant une justesse de la simplicité, apporte encore un peu plus de vie et de fraîcheur à la pièce. Il y a plein d'idées très originales de jeu, comme avec un banc public qui sert de pupitre d'école ou de banc d'église...
Mon seul regret est que j'étais très loin, je ne voyais pas les mimiques du visage. Mais à part ça, quel bon moment de théâtre!








De Marie Jones
Mise en scène: Stephan Meldegg

Avec Eric Metayer et Christian Pereira

par Camille Rouzic publié dans : Critiques de spectacles
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Bienvenue !

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Je m'appelle Camille, je suis étudiant en fac de théâtre près de Bordeaux.
J'ai la volonté de tisser une toile dans le monde du théâtre auquel je me destine, de créer des liens entre artistes, spectateurs, critiques...

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  • : Au-delà de mes propres expériences théâtrales, venez découvrir des artistes, partager vos idées, vos avis et vos envies sur le théâtre et l'art en général. N'hésitez pas à m'envoyer des textes (fiction, critique, info...) que j'essayerai de publier.
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