Dix huit cent trente trois litres d’eau
C’était ce que buvait un géant chaque jour
Il avait peur de s’envoler, il préférait se noyer
Dès que la pluie tombait
Il ouvrait grand la bouche
Et l’on pouvait y apercevoir
Les traces du passé
Qu’il avait comprimées
Dans sa gorge enflammée
Toute une vie s’exprimait
Des chemins parcourus
Le regard vif les mains tendues
Il ignorait qu’à tant déménager
Il finissait par se perdre pour de bon
Dix huit cent trente trois litres d’eau
Et le sable s’accrochait
A ses pieds qui dansaient
Une fois de plus pour éviter
Les regrets, les souvenirs
Du temps où il n’était pas seul
A demander pardon
Les marées hautes avaient fini
Par l’engloutir de l’intérieur
Il avait trop cherché
A rejoindre ses parents
Qui s’étaient contentés
De partir sans le prévenir
Qu’il n’y changerait rien à boire
Dix huit cent trente trois litres d’eau
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